Benedetto Spinola ou Benedict Spinola (Gênes ca. 1520 – Londres 1580)

Benedetto Spinola est né à Gênes autour de 1520. Il est le second fils de Battista Spinola et Elisabetta Spinola, fils de feu Giacomo. On sait peu de choses sur son enfance, il appartient très certainement à l’une des branches les plus importantes de la famille Spinola puisque son père Battista refusa la charge de Doge en 1556.

en bref

Benedetto Spinola est né à Gênes autour de 1520. Il est le second fils de Battista Spinola et Elisabetta Spinola, fils de feu Giacomo. On sait peu de choses sur son enfance, il appartient très certainement à l’une des branches les plus importantes de la famille Spinola puisque son père Battista refusa la charge de Doge en 1556.

Il vécut son entière vie d’adulte dans la ville de Londres, qui était alors  le port principal de Royaume d’Angleterre. Il s’y installa en 1541, travaillant comme employé, avec traitement de deux livres par an, auprès du « Postal Service of London’s Foreign Merchants ».

À Londres, Benedetto passa toute sa vie dans la paroisse de Saint Gabriel Fenchurch, où il fut par la suite rejoint par ses neveux Annibale et Ascanio (Hannibal and Ascaneo). Il ne se maria jamais mais possédait une propriété à Shoreditch appelée « Spinola’s pleasure » d’une superficie d’environ dix acres.

En 1552, fait insolite pour un étranger, il est entièrement naturalisé anglais, obtenant ainsi le droit de payer les taxes et droits dus selon l’impôt appliqué en Angleterre. Bien qu’ayant débuté sa carrière comme employé, il devient en 1559 exportateur d’étoffes de laine et importateur de vins, et sert le gouvernement anglais en tant que mandataire et financier. Il commerçait avec ses trois frères, Giacomo, Francesco et Pasquale (Jacob, Francisco and Pascal), installés à Anvers, et il était reconnu comme un marchand important : quand le Comte de Leicester souhaite approvisionner son château de Kenilworth, il charge son homme de confiance de traiter exclusivement avec Benedetto Spinola, qui pouvait « obtenir ces choses à meilleur prix que n’importe qui d’autre », et en 1572, le même Comte de  Leicester, dans une lettre à Francis Walshingam, écrit que Spinola est « mon cher ami et le meilleur Italien que je connaisse en Angleterre ».

Grâce à l’énorme richesse qu’il gagna, il devint conseiller du Gouvernement anglais, récoltant des informations à l’étranger et négociant à propos de questions financières.

En 1568, faisant foi devant un héraut, Spinola montra son « certificat de seigneurie de Gênes », par lequel il déclarait être le fils légitime de Battista Spinola, ainsi qu’un autre certificat du Comte de Bedford, lequel déclarait avoir été à Gênes en 1556 quand « ledit Battista », père de Benedetto, « avait refusé de devenir Doge de la cité de Gênes ».

Lorsqu’en 1568 des bandits huguenots, dans les ports anglais, forcèrent les navires qui transportaient l’argent des marchands génois destinés à payer les troupes du Duc d’Albe, il s’assura, par sécurité, que l’argent soit transporté à terre, et influa pour que le gouvernement anglais rembourse les Génois.

Au cours de la même période, par une lettre de brevet, Elisabeth I constitue une société par action nommée « Society of Mines Royal ». Spinola y figure parmi les principaux investisseurs aux côtés du Comte de Pembroke, du Comte de Leicester, de Lord Montjoy, Lionel Ducket et d’autres encore.

En 1566, l’Ambassadeur d’Espagne rapporte que le Ministre de l’Eglise Calviniste Italienne de Londres, Michelangelo Floriowas, avait fait un prêche contre les papistes et que Spinola, même s’il regrettait ce prêche, s’était uni à l’Eglise d’Angleterre, et qu’en 1568 lui et son serviteur  étaient partie prenante de leur paroisse locale.

En 1571, il « fut agent » d’un prêt anglais à « l’Union de Bruxelles ».

En juin 1580, Benedetto Spinola vendit un domaine de sept acres à Aldgate, au Comte d’Oxford pour 2500 livres sterling. La propriété avait été donnée en 1544 au Magdalena College de Cambridge par Thomas Audley et constituait une belle rente pour l’entretien de cette institution. Grâce à son influence il parvint en 1574 à l’acquérir pour le compte de la Couronne, et il en doubla la rente avant de la revendre. Le Magdalena College considéra avoir été trompé, et entreprit sans succès des recours légaux. Plus de quatre cents ans plus tard, en 1989, l’institution décida de se venger en commandant à Peter Fluck et Roger Law, créateurs de “Spitting Image”, une gargouille représentant Benedetto Spinola.

En juillet 1580, de retour d’une mission financière aux Pays-Bas, atteint d’une grave maladie, il fait son testament en italien. Il meurt de la peste le 15 août 1580 à Londres et trouve sa sépulture dans une chapelle de l’église de Saint Gabriel Fenchurch. L’église fut malheureusement détruite dans le grand incendie de Londres en 1666 et jamais reconstruite. Mais parmi les notables personnages qui y furent ensevelis, on se souvient du nom de Benedetto Spinola, le banquier d’Elisabeth I.

Parmi les témoins de son testament figure Sir Horacio Palavicino (1540 – 1600), un Génois de premier plan dans le Londres du XVIe siècle, fils de Tobhia Palavicino (? – 1580) et de Battistina Spinola (1522 – 1607), fille de feu Andrea, d’une branche étroitement apparentée aux Spinola de San Luca.

N’ayant pas de descendant direct, Benedetto Spinola divisa sa fortune entre ses trois frères Francisco, Jacob et Pascal.

On sait peu de choses sur la vie de ses frères. Francisco possédait les meilleures terres de Saint Georges, dans l’île caribéenne de Grenade. Au cours d’un voyage aux Amériques, il est capturé par une flotte marchande anglaise près de l’île de Flores aux Açores. Il ne doit sa libération qu’à l’intervention d’Horatio Palavicino (Palavasyne) et une rançon de 18 000 ducats. Le fils de Francisco, Ambrogio (Ambrosio), fut un banquier important à la cour du roi d’Espagne. Sa présence est attestée en 1610 à la cour de Philippe III, et il est par ailleurs contemporain de son plus illustre homonyme, le condottiere Ambrogio Spinola (1560 – 1630).

Librement tiré et traduit de https://www.wikiwand.com/en/Benedict_Spinola  e http://www.oxford-shakespeare.com/Probate/PROB_11-62_ff_294-5.pdf

Images tirées de https://www.museumoflondon.org.uk/discover/great-fire-1666

 

 

 

 

 

 

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