EGLISE ET COUVENT DE SAN DOMENICO (VXe siècle)

Images tirées du site : http://www.lionsclubpegli.org/lcpinfrastr/storia/giorninostri/20102011storia/110204/110204_serata.html

  1. Bernhard Werner Silesius, La piazza, la chiesa ed il convento di S. Domenico nella prima metà del Settecento.

Supprimés en 1797 et détruits en 1825. Situés sur la Piazza de Ferrari, ils occupaient la zone de l’actuel Teatro Carlo Felice et du Museo dell’Accademia Ligustica di Belli Arti

histoire

Le complexe de San Domenico était un des plus grands de Gênes. Les vingt-deux premières chapelles étaient quasiment toutes sous le patronage des familles nobles : Doria, Spinola, Centurione, Sauli, Cattaneo, De Marini, Di Negro, etc. L’église, édifiée au XIIe siècle, était à l’origine dédiée à San Egidio. En 1217, elle fut confiée par Gouvernement de la République à la communauté dominicaine locale, fondée par Domenico di Guzmàn au cours de son séjour à Gênes entre 1214 et 1215. Par la suite, les dominicains acquirent un terrain adjacent auprès de Nicolò Doria, et y firent construire le couvent. Vers 1250, les Frères firent édifier une église plus spacieuse, capable d’accueillir un plus grand nombre de fidèles. L’église, entre-temps rebaptisée du nom du fondateur de l’Ordre, subit différentes modifications et agrandissements ultérieurs. La façade, achevée autour de 1440, des années après la construction de l’ensemble de l’édifice, reprenait un modèle du Gothique tardif, encore présent dans la Gênes du XVe siècle, caractérisé par une parure à bandes horizontales blanches et noires, typique de la tradition ligure.

Les Dominicains durent abandonner église et couvent en 1797, à cause des lois de suppression des ordres religieux ordonnées par la République Ligure. L’église, dépouillée de ses œuvres d’art et de son mobilier, largement dispersés, fut transformée en entrepôt et le couvent en caserne. Après la décision du Congrès de Vienne, le 2 juin 1818, le roi Victor Emmanuel autorisa la démolition de l’église seulement, refusant au départ celle de la caserne abritant autrefois le couvent. Par la suite, ce bâtiment fut malgré tout détruit et à sa place le Teatro Carlo Felice fut construit, sur les plans de l’architecte génois Carlo Barabino ; le théâtre fut inauguré en 1828.

en bref

À l’intérieur, on comptait plus de vingt chapelles, enrichies de marbres précieux et d’œuvres d’art des artistes les plus importants de Gênes, particulièrement au XVIIe siècle. Parmi ces chapelles, trois étaient sous le patronage Spinola : celle du Santissimo Crocifisso, celle du Santo Nome del Signore et celle de Santa Catarina da Siena, tandis que deux personnages Spinola sont mentionnés pour la chapelle de San Pietro Martire. Rappelons, en outre, l’important monument funèbre de Francesco Spinola, et les très nombreuses pierres tombales Spinola, ainsi que l’accès à l’église en escaliers, apposés au côté principal de l’église de San Matteo, dite « Porte de San Martino », entièrement construite par le patronage de Felice Spinola et d’Agostino en 1644.

Toutes les citations et informations sont tirées de : William Piastra, Storia de la chiesa e del Convento di San Domenico in Genova, Tolozzi editore, Gênes 1970.

voir le site http://it.wikipedia.org/wiki/Chiesa_di_San_Domenico_(Genova)

decoration

Chapelle du Santissimo Crucifisso : « Par les Spinola dits de Filigella, elle fut instituée par Luchinetta, fille de Francesco Spinola, femme de Francesco Imperiale et en secondes noces de Federico Spinola. Lorsque ladite chapelle du Rosario eut plus d’allure, celle du Sanctissimo Crocifisso fut retirée des lieux, avec le consentement de Violentina, fille de Giacomo Spinola et femme de Paolo Serra.

Chapelle du Santo Nome del Signore : la famille Spinola en avait le patronage ecclésiastique, par la volonté d’Emanuele et de Raffaele Spinola, qui l’avait faite édifier en 1423. Le retable au-dessus de l’autel est de Giulio Cesare Procaccini et représente « Le mystère de la Circoncision du Christ ». (…) À l’extérieur, en haut à gauche de la chapelle, la partie supérieure du monument funéraire de Francesco Spinola est au mur : libérateur par les armes de Gaeta d’Alphonse d’Aragon, et de Gênes des Visconti, mort en 1442 à Finale Ligure. À l’origine, lorsqu’il était dans le vieux chœur, le monument se composait (…) d’un sarcophage représentant « Le Triomphe de Bacchus ».

Chapelle de Santa Caterina de Sienne : Entre 1499 et 1501, « elle fut assignée par les  Pères au Seigneur Gio. Battista Spinola, fils de feu Simone, et à la Dame Margaritina  sa femme ». Cette dotation fut confirmée en 1540 par Simone, fils et héritier, « à la condition que les revenus des lieux soient exclusivement dédiés à perpétuité aux travaux de restauration de l’église ». Devenu doge en 1567, il s’assura que cette chapelle fut refaite et y fit construire son propre sépulcre de marbre ; de plus, il commanda un tableau avec Santa  Caterina à Antonio Semino, et pris ses dispositions pour que son propre portrait soit peint avec le même pinceau ».  Il fut enterré en 1569 dans « son magnifique tombeau de marbre avec gisant en habit de doge », avec l’inscription suivante :

D.O.M.

SIMON SPIULA CONSILIO PIETATE

AC ELOQUENTIA ADMIRABILIS MIRO

CIVIUM CONSENSU DUX ELECTUS CUM

REIPUBLICAE SUMMOPERE PROFUISSET

DUCALE ADHUC MUNUS SUSTINENS

OBIIT ANNO SALUTIS MDLXIX»

Chapelle de San Pietro Martire : De Agostini écrit : « S’il n’était au nom de S. Ludovico de notre Ordre, n’ayant aucune dote, il était sous le patronage des certains Stefano et Gio. Battista Spinola, fils de Pietro, qui à la fête du Saint avaient coutume d’offrir au couvent un déjeuner. »

Monument funèbre de Francesco Spinola : dans son livre, Storia della Chiesa e del Convento di San Domenico in Genova, William Piastra, se référant à une source de choix, à savoir le Frère Tommaso de Agostini, dans son Elenchica Synopsis, idest strictum ac verum compedium fondationis, incrementi obbligationis, et redditus celeberrimi Conventus Divi Dominici Januae, consacre un petit approfondissement (pp. 38-40) au monument funèbre de Francesco Spinola.

À l’origine, il se trouvait dans l’ancien chœur dans son intégrité, c’est-à-dire composé de haut-reliefs du patricien à cheval, en plus du sarcophage gréco-romain représentant le Triomphe de Bacchus, don de la ville de Gaeta en reconnaissance perpétuelle au condottiere génois  qui s’était grandement employé à la libérer. Compte tenu que le sarcophage était peu convenable dans un lieu de culte, car y était sculpté un thème païen, il est déplacé plusieurs fois jusqu’en 1638, où Francesco Maria Spinola de G. Battista demande au couvent que le sarcophage soit rendu à la famille, ce qui n’alla pas sans quelques contestations. Il fut transféré via Luccoli, dans le palais du Marquis Giambattista Spinola fils de feu Francesco Maria. Le haut-relief avec Francesco Spinola à cheval demeure à l’intérieur de l’église jusqu’en 1824, et en fut retiré par les Spinola. Il reste probablement stocké pendant près d’un demi-siècle, jusqu’à ce que le Marquis Franco Gaetano Spinola décide de l’installer dans la cour de son palais de Pellicceria.

bibliographie

  • William Piastra, Storia della Chiesa e del Convento di San Domenico in Genova, Tolozzi editore, Genova 1970.
  • Tommaso De Agostini, con il suo Elenchica Synopsis, idest strictum ac verum compedium fundationis, incrementi obbligationis, et redditus celeberrimi Conventus Divi Dominici Januae, Manoscritto del XVII secolo, conservato presso la Biblioteca dell’Università di Genova.
  • Giuseppe Marcenaro, Francesco Repetto, Dizionario delle Chiese di Genova, vol. II, Edizioni Tolozzi, Genova 1974
  • Carlo Giuseppe Ratti, Instruzione di quanto può vedersi di più bello in Genova in pittura, scultura ed architettura, ecc., Genova 1780
  • Patrizia Marica, La chiesa e il convento di San Domenico, in La Casana, n.2/1998 (vedihttp://www.gruppocarige.it/gruppo/html/ita/arte-cultura/la-casana/1998_2/arte.htm)
Work Categories