EGLISE ET COUVENT DE SANTA MARIA DI CASTELLO (XIe siècle)

Salita di Santa Maria di Castello, 15 – Gênes

Site: http://www.santamariadicastello.it/ foto tratta www.wikipedia.org

La Chapelle Spinola, dite chapelle de Tous les Saints, faisait partie de l’Eglise de Santa Maria di Castello. En 1499, elle fut concédée en patronage ecclésiastique à Teodorina Lomelliniveuve de Domenico Spinola, fils de feu Eliano.

en bref

Salita di Santa Maria di Castello, 15 – Gênes

Site: http://www.santamariadicastello.it/ foto tratta www.wikipedia.org

La chapelle Spinola, dite chapelle de Tous les Saints, faisait partie de l’Eglise de Santa Maria di Castello. En 1499, elle fut concédée en patronage ecclésiastique à Teodorina Lomellini, veuve de Domenico Spinola, fils de feu Eliano. Ce dernier fut un personnage marquant de la famille, entré dans l’histoire pour ses qualités d’entrepreneur, sa grande générosité et son amour des arts.

La Chapelle de Tous les Saints était située à l’extérieur du corps de l’église, près de la porte droite de la façade. Elle se présentait comme un volume autonome, vraisemblablement de plan carré, avec un développement vertical identique à celles des nefs latérales actuelles. Sa représentation est immortalisée sur une peinture ex-voto de 1684, conservée dans une salle du couvent. L’extérieur, comme déjà noté, est caractéristique de la décoration traditionnelle génoise à bandes bichromes., alors que l’intérieur était décoré de marbre finement travaillé et probablement surmonté de dorures. Il semble que certaines de ces œuvres maîtresses de la sculpture furent transférées dans la chapelle de Saint Thomas d’Aquin, où l’on peut les contempler encore aujourd’hui.

histoire de la Chapelle

Teodorina pourvoya à sa construction, sa décoration et ameublement, et la chapelle resta en place une longue période, jusqu’à la moitié du XIXe siècle où, en 1847, elle fut malheureusement détruite. Aujourd’hui le souvenir de son existence demeure, grâce à des témoignages rares mais significatifs : le fameux retable d’Ognissanti (1513), appelé  Incoronazione della Vergine, ou Paradiso, ou Vocazione dei Giusti de Ludovico Brea, qui fut transféré dans le musée de ces lieux. Egalement une plaque commémorative consignant ce transfert, relatif au changement de patronage à une autre chapelle, celle de Saint Thomas d’Aquin, et des fragments de marbres qui y ont été replacés. Le retable d’Ognissanti, œuvre maîtresse de Brea, représente, dans une foule de plus de deux cents personnages, la bienfaitrice Teodorina Spinola auprès de ses deux fils, Giovanni et une fille, non identifiée encore aujourd’hui. La thèse séduisante selon laquelle la célèbre Tommasina Spinola -protagoniste de l’histoire tragique de « l’amor perfetto » avec Louis XII- était la fille de Domenico Spinola et Teodorina Lomellini, peinte de profil juste derrière la mère présumée,  est hélas une contre-vérité. Tommasina Spinola naît autour de 1475 d’Ambrogio Lomellini, son nom de baptême est donc bien Lomellini, devenue Spinola en épousant le Doge Battista Spinola, fils de feu Tommaso. (Informations tirées de l’essai de Maria Croce Bellentani, « Intendyo » di Tommasino Spinola e il Re di Francia, Savona 1982).

Vigna (ibidem, 1864) retrouva dans un manuscrit du couvent la transcription d’une plaque se trouvant dans la chapelle, informant de sa restauration et de son embellissement survenus en 1653 par décision de Mario Spinola, fils d’Agostino et Anna Doria. On pouvait lire sur la pierre : Marius Agostini Spinule et Anne Dorie Fil. Sacellum hoc a Maioribus Antiquitus erectum elegantiori forma exornandum curavit Anno Salutis MDCLIII.

Marius Agostini Spinule et Anne Dorie Fil.

Sacellum hoc a Maioribus Antiquitus erectum

elegantiori forma exornandum curavit

Anno Salutis MDCLIII.

La chapelle survécut longtemps, jusqu’en 1847 où elle fut détruite. Vigna (ibidem, 1864), écrit à ce sujet : « En ces lieux se dressait la Chapelle de Tous les Saints jusqu’au 7 janvier 1847, quand les Pères, dans l’attente de l’horreur faite à leurs yeux, décidèrent de l’abandonner en confiant le titre et le patronage des Spinola à la chapelle de Saint Thomas d’Aquin ; ce qu’ils firent en apposant sur le mur gauche une épigraphe commémorative de l’opération :

Aram et Lud. Breae tabulam quae in

sacello ab Eliano f. Carrocii Spinula ubi

loci nunc templi dextrorsum patet adi-

tus iam ab anno MCCCCLXXIII constructo

extiterant successori annventi iurepa-

tronatus servato D. Dom. Frates huc

transferri curarunt anno MDCCCXLVII».

L’inscription latine revêt une grande importance pour deux raisons. Tout d’abord parce que c’est le dernier témoignage concret conservé de l’histoire de la chapelle Spinola, et ensuite parce qu’il expose comment l’histoire s’est terminée. Le patronage ecclésiastique passé en 1847 à la chapelle de Saint Tomas d’Aquin, qui parallèlement fut ré-intitulée « de Tous les Saints », se maintient jusqu’en 1874. Après seulement vingt sept ans, la chapelle de Tous les Saints est à nouveau dédiée au Saint d’origine. En réalité, en 1874, les derniers héritiers, Anna Spinola, fille de feu Massimiliano, et son mari Carlo Giuseppe Cambiaso, Chevalier de l’Ordre des Saints Maurizio et Lazzaro de la Maison Savoie et docteur en droit, en confièrent le patronage au curé d’alors, Tommaso Campo Antico. Celui-ci fut l’artisan de nombreux changements à l’intérieur de l’église, notamment en ce qui concerne la chapelle de Tous les Saints, qui perdit non seulement le titre, mais fut entièrement refaite, perdant au passage l’autel ainsi que le retable de Brea. L’autel Spinola fut probablement détruit, tandis que le retable d’Ognissanti fut transféré dans une autre chapelle.

La dernière observation concerne les tombeaux Spinola se trouvant à Santa Maria di Castello, et pour lesquels les sources principales restent le texte de Vigna (ibidem, 1864). Dans l’ancienne chapelle Spinola il y avait un tombeau de famille daté de l’époque même de construction de celle-ci (1500). Vigna y atteste la tombe de Mario Spinola, inhumé le 8 avril 1661. Il suppose qu’il y aurait d’autres personnages, notamment Teodorina. Il cite par la suite d’autres pierres tombales de l’église, celles de : Battista Spinola de Luccoli, fils de feu Benedetto, de 1528 ; Ambrogio Spinola  et sa femme Brigida, de 1565 ; enfin il note qu’ici fut également enterré le Sénateur Felice Spinola, père du doge Agostino, descendant de la même branche de Luccoli (v. généalogie).

Pour l’histoire de Santa Maria di Castello voir http://www.santamariadicastello.it

https://www.google.fr/#q=santa+maria+di+castello+genova

Pour la photo voir le site: https://dearmissfletcher.wordpress.com/2012/03/10/la-pala-di-ognissanti-di-ludovico-brea-il-mondo-in-un-dipinto

Librement adapté d’un texte de Silvia Melogno publié le 22 février 2015.

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